Education·Humeur

Terrible two, on en viendra tous à bout : mes 10 astuces

Après avoir eu un aperçu de ce que peut engendrer le Terrible Two – la crise des 2 ans – ici, venons-en maintenant à mes petites astuces pour essayer de défier cette période difficile.

Je tiens d’abord à refaire le point sur ma situation.
Martin, 2 ans et 3 mois, est plus ou moins concerné par cette phase d’opposition.
Nous avons eu droit à une crise cet été parce qu’il voulait refaire un tour dans le petit train touristique dans lequel il avait été la veille. Un classique. Comme les manèges. On a donc eu droit au mode cascadeur en pleurs. En public.
Deux autres crises ont suivi en octobre au moment de son rhume de hanche.
Depuis, pas de colère de cette intensité.

Cet épisode n’est pas terminé et les crises peuvent recommencer et s’intensifier. Je reste vigilante. Mais jusqu’à présent, j’ai usé de certains stratagèmes et je viens ici vous les partager. Je ne suis pas magicienne hein…

Commencez par vous dire que cette phase est NORMALE, votre enfant est NORMAL.
Ne culpabilisez pas. Ne remettez pas en cause l’éducation que vous lui donnez.
On se sent souvent désemparé lorsque son enfant si docile, facile, souriant se met à piquer des colères, se rouler au sol, refusant tout ce qu’on lui propose.

Pourquoi mon enfant fait-il de telles crises ?

Un trop plein d’émotion due à une situation

Le nourrisson qui est immergé toute une journée dans une pièce avec beaucoup de monde risque fortement d’avoir une grosse crise de pleurs le soir, il évacue le stress.
L’enfant de 2 ans, dont la parole n’est pas parfaite, utilise lui aussi son corps et sa voix pour faire ressentir son mal-être, son stress. Il évacue la tension qu’il n’arrive plus à gérer.

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©Flickr

La frustration

On n’aime jamais se voir refuser quelque chose que l’on voulait. Pourquoi ce serait différent pour les enfants ?
Les enfants en revanche ne savent pas gérer ce refus, ils sont submergés par l’émotion. Ils sont déçus donc ils l’expriment de manière entière (et nous on hallucine !)
Mais la frustration est importante. La frustration va de pair avec l’envie.

Selon moi, l’enfant doit savoir qu’il y a des interdits, des règles à respecter.
Il doit comprendre qu’il ne peut pas tout prendre, toucher à tout ce qui l’entoure. C’est aussi pour son bien, notamment lorsqu’il se retrouve dans un autre lieu.
Mais il est il évident que je ne laisse pas traîner mon dissolvant et le vase de Mémé 😉

Attirer l’attention

L’enfant peut aussi faire une crise pour attirer notre attention. Il ne le fait pas de manière intempestive mais parce qu’il veut qu’on le regarde, qu’on lui accorde notre attention. Et à force de lui refuser cette attention, la colère monte et une crise peut se déclencher.

« C’est pas toi le chef ! C’est moi qui décide ! »

Vous pouvez affirmer votre statut d’adulte, de chef de famille et ne rien « céder » à votre enfant. Bon courage…
Ou alors, vous pouvez considérer votre enfant comme un petit être humain. Un « mini-vous » en somme. Le combat ne sera plus le même. Il ne s’agit plus d’un combat d’ailleurs mais d’instaurer une relation basée sur l’échange.
Vous ne serez pas épargné par les crises. Mais vous percevrez les crises et les réactions de votre enfant différemment. Et vous adopterez aussi un comportement adapté.

Voici donc mes 10 astuces !

1. Ne pas céder

« Ben, elle ne sait pas ce qu’elle veut ! Elle vient de nous dire que c’était mieux d’échanger, blablabla« . Certes. Mais lorsque votre enfant vous réclame du chocolat à 19h juste avant le repas, ce n’est pas pareil qu’à 16h30 en plein goûter. Vous voyez ?
Du coup, si vous avez décidé de ne pas lui en donner, maintenez votre position. Sinon, vous êtes foutu ! Votre enfant saura qu’en insistant, vous finirez pas craquer.
A vous de voir quelles sont les règles qui ne doivent pas bouger et celles qui sont malléables.

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©Flickr

2. Proposer, lui laisser le choix

C’est d’ailleurs l’une des réponses à la problématique précédente. Votre enfant veut du chocolat à 19h ? Proposez-lui une clémentine, une pomme ou une compote.
Vous lui refusez quelque chose mais derrière, vous lui proposez autre chose.
Martin mange régulièrement une compote avant le repas. Ce sont des fruits, cela ne me pose pas de problème et il ne me réclame rien d’autre du coup.

Autre exemple : votre enfant fait une colère pour mettre son pantalon.
Demandez-lui son avis : tu préfères mettre le bleu ou le vert ? C’est toi qui choisis !
L’enfant est ravi de pouvoir décider.

C’est terriblement efficace.

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3. Changer de sujet, détourner son attention

Votre enfant ne veut pas. NON.  Eh bien parlons d’autre chose !
Cela peut marcher au cours du repas. Il ne veut plus manger ses haricots verts. Parlez-lui d’autre chose, de sa journée chez sa Nounou, à la crèche, à l’école… et avec le système de la double cuillère (une entre ses mains, une entre les vôtres), vous pourrez sans doute lui faire avaler quelques bouchées supplémentaires, car il pensera à autre chose.

Cette astuce s’applique dans de nombreuses situations du quotidien, notamment quand l’enfant a des obsessions (en cas d’obsession, les explications et l’anticipation dont je vous parle juste après n’ont aucun effet sur l’enfant)

J’évoquais ici la visite d’une école durant laquelle Martin voulait absolument faire du sport. Je lui ai dit « Ok, on en fera tout à l’heure. Mais si on allait voir la bibliothèque maintenant ? » Bingo. Et en sortant, dans la cour, je lui ai dit : « Tu veux toujours faire du sport ? Allez, cours très très vite et à la fin du tour, viens me taper dans la main« . Ouai, ça va, ce n’est pas vraiment du sport mais il se dépense et c’est le principal hein !
Bref, j’ai détourné son attention avec un autre loisir qu’il aime (les livres) et en plus j’ai tenu ma promesse !

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©unsplash

4. Anticiper, expliquer

A la maison, c’est THE astuce. Celle qui fonctionne du tonnerre.
On doit se rendre quelque part ? J’explique à Martin où l’on va, ce qu’on va y faire.
« En descendant de la voiture, il faudra faire attention, me donner la main. »
Et vous savez quoi ? Martin me demande tous les jours d’aller faire les magasins !

J’utilise l’anticipation pour presque tout. Pour changer la couche par exemple. Le soir, je lui énumère le programme après le repas : « maintenant tu peux jouer un peu. Ensuite, nous irons changer ta couche et nous lirons 2 histoires ! »

Le fait de prévenir l’enfant le rassure, ça le met en confiance. Il sait ce qui va se passer, il connaît le programme. Et il prend même les rênes de l’activité.
« J’ai fini de ranger la table. Tu as pu jouer un peu ?
– Oui ! On change couche ! » Et il trace dans sa chambre !

Mettez-vous à la hauteur de votre enfant pendant l’explication pour qu’il ait toute votre attention.

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©unsplash

5. Lui donner des responsabilités

L’enfant a besoin de se sentir utile. Alors il est clair que ce n’est pas lui qui va préparer un pot-au-feu ou passer la serpillière (quoique, concernant cette dernière activité, Martin est un passionné et il devrait décrocher son diplôme dans peu de temps !)

Le Barbu aime bien être tranquille lorsqu’il fait son ménage. Je l’entendais souvent râler.
Je lui ai glissé l’astuce à l’oreille, j’suis trop sympa : « prête-lui ton 2e plumeau Swiffer et demande-lui de t’aider à nettoyer sa cuisinière ! »

Martin m’accompagne souvent en courses. C’est lui qui tire le panier, il met aussi les fruits et légumes à l’intérieur des sachets. Il est HEUR-REUX. Certes, je mets un peu plus de temps mais aucune crise à l’horizon.

N’essayez surtout pas de faire le rapport « temps passé – résultat ». Donner des responsabilités à son enfant, c’est souvent une perte de temps. Mais c’est surtout un temps passé ensemble, un échange et une indépendance qui s’affirme au fil des semaines.

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©Flickr

6. Utiliser le « je »

L’enfant a des sentiments mais surtout il comprend que l’adulte en face en a aussi.

Il y a encore quelques semaines, j’avais beau anticipé, Martin ne voulait plus me donner la main en sortant des magasins pour rejoindre la voiture.
Alors j’ai rusé en utilisant le « je » : « JE n’aime pas les parkings. J’AI peur des parkings. Les voitures peuvent rouler vite et elles ne voient pas les petits garçons comme toi.
– Maman a peur parking ?
– Oui, J’AI peur. C’est pour ça que JE veux que tu me donnes la main. »
Eh bien, je peux vous dire qu’il ne lâche plus ma main 😉

Il s’agit d’opérer un changement de langage, c’est le plus difficile (et ce n’est pas complètement acquis chez nous !)

7. Utiliser l’humour, rire de la situation

Il va falloir utiliser vos talents d’imitateur pour cette astuce.
Mais lorsque votre enfant est vexé, qu’il boude, eh bien pour attirer son attention sans que ça se termine en crise, jouez un personnage. Prenez un accent, chantez…
Le Barbu est très fort pour ça.
Lorsque Martin réclame du chocolat par exemple, il lui chante « Chaud cacao » d’Annie Cordy. Ouai, il n’a que 30 ans pourtant… Bref, Martin ne pense plus à son chocolat mais à chanter avec son père ^^ Et moi j’ai la chanson en tête jusqu’au lendemain matin…

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©Flickr

8. Ignorer (ou non) la crise

Il existe les 2 écoles. Ceux qui ignorent la crise de leur enfant et les autres qui veulent intervenir.
Selon moi, si on ignore trop longtemps la crise, cela peut générer encore plus de stress à l’enfant.
Mais j’ai tendance à ignorer Martin lorsqu’il boude. Il arrive qu’il veuille quelque chose en particulier. Si je ne suis pas assez rapide, il refuse la chose en question et boude.
Ma réaction (sanguine) est sans appel : « Tu n’en veux pas ? Ok. Tu préfères bouder ? Je te laisse bouder. » Et je tourne les talons. Je peux vous assurer que moins de 10 secondes plus tard Martin me signifie qu’il a mal quelque part. Il s’agit en fait d’attirer mon attention. Je lui dis alors qu’il n’a mal nul part mais qu’il est vexé.
Je lui redemande s’il veut cette fameuse chose qu’il m’a demandée et la réponse est… oui.

D’autres préfèrent ignorer la crise de pleurs de leur enfant, attendre qu’il se calme pour avoir toute son attention et discuter avec lui.
Bref, cela dépend vraiment de chacun, de ses choix.

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©Flickr

9.  Établir une punition avec laquelle vous ne culpabiliserez pas

Ben non, je ne suis pas contre les punitions.
Par moment, on en a juste marre. Marre de l’opposition, marre des pleurs…
Perso, lorsque l’opposition arrive, je rappelle la règle. S’il l’enfreint, je lui donne le choix : « sois tu continues et tu vas être puni, soit tu fais autre chose, une activité, un jeu« . Et s’il continue, c’est direction la chambre. Je lui dis que c’est le moment et l’endroit s’il a envie de crier, pleurer… Mais que moi, je n’ai pas envie d’entendre ça.
Quelques minutes plus tard, retour dans la chambre. Je rappelle la règle, il s’excuse, me dit qu’il a compris et on passe à autre chose !
Mais chacun a sa « punition » et on n’est pas là pour juger 😉

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©Flickr

10. Les câlins

Alors je ne sais pas si vous avez déjà essayé de faire un câlin à votre enfant quand il se roule par terre mais c’est juste impossible hein ! On a plutôt tendance à se prendre des coups mal placés que des embrassades.
Mais lorsque la crise est moins intense ou juste après, le câlin est important. Nécessaire même. Les câlins rassurent, calment… Ils signent la réconciliation et montrent à l’enfant que malgré sa crise, on l’aime de tout notre cœur.

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©unsplash

J’aurais bien une 11e astuce en fait… Au top, l’une des plus efficaces chez nous. Celle qui a traversé les décennies avec succès ! Celle du CHANTAGE ! Bah quoi ?! C’est efficace !
« Tu ne veux pas ranger tes jouets dans ta caisse ? Ok. Tu ne ranges pas mais tu ne passeras pas l’aspirateur ». Oui, oui, vous avez bien lu. Papa maniaque, enfant… accro à l’aspi !

Juste quelques conseils si je peux me permettre.
Il faut se coordonner avec l’autre parent. Avoir les mêmes règles. Et c’est tellement bien de pouvoir dire « vas-y, prends le relais ! » Surtout au moment du coucher.
Et il ne faut pas hésiter à s’isoler pour se calmer et trouver les bons mots. Les enfants ne s’en rendent pas compte à cet âge-là mais ils nous poussent parfois à bout, ils peuvent nous faire perdre nos moyens.
Il faut essayer d’être positif le plus possible et de souligner les bons comportements de l’enfant.IMG_20171216_145057_179Voilà. C’était long, intense 🙂
Utilisez-vous toutes ces astuces ?
Quelles sont celles qui fonctionnent le mieux chez vous ?

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21 réflexions au sujet de « Terrible two, on en viendra tous à bout : mes 10 astuces »

  1. A cette période… usante, fatigante… pour tous et avec ses montagnes russes… nous la vivons en double à la maison, toujours intéressant de lire des idées, des conseils… on en utilise également une bonne partie… aller ça va passer !

    Aimé par 1 personne

  2. Je suis en plein dedans avec mon ogresse. 2 ans et 3 mois! J’ai envie de dire Stop au harcèlement! LOL Elle me demande mille fois les mêmes choses jusqu’à ce que je cède, trouve toujours le moyen de faire un crise! J’ai besoin de souffler maintenant car pour arriver à la gérer, j’ai besoin de temps plus calme donc j’en ai parlé à ma famille et chaque jour, quelqu’un joue avec elle pendant 1h. (Je suis H24 avec elle et le Papa travaille beaucoup) J’en ai besoin pour passer cette période où elle essaie de me mettre à bout!

    Aimé par 1 personne

  3. Très bel article. il y en a pas mal que j’utilise et plus avec les 2 derniers que le premier :). Ici le dernier est aussi en phrase à 2 ans bientôt et demi. il ne sait pas ce qu’il veut et la plupart du temps ben je reviens une 2e fois et après je ne cède plus et ça passe.. Il pleure sur le coup, mais après s’endort ou se calme. Mais comme tu dis, ça finira par passer ;).

    Aimé par 1 personne

  4. Super article. On tente d’appliquer ces solutions également mais ça fait du bien de les lire autre part ! Surtout que ton article rappelle également qu’il y a plusieurs « solutions », non pas parce qu’elles sont toutes infaillibles, mais bien parce que les « crises » d’un même enfant ne se géreront pas toujours avec les mêmes outils. Ici, il y en a quand même un qui est redondant, c’est le câlin.
    Belle journée 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. C’est tout à fait ça ! Et une technique peut foirer un jour et marcher le lendemain. A nous de trouver la bonne 🙂 Et c’est vrai que c’est fou ce paradoxe entre l’agacement provoquée par une crise et cette demande croissante de câlins ❤ ! Merci pour ton témoignage. Belle journée à toi !

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  5. Superbe artcile !!! Ici j’utlise deja tes methodes et elle porte leurs fruits, 20 mois et aucune GROSSE crise pour le moment…. Quand mes amies sont deja avec des enfants plus « dur ». Mais elle n’utilise pas ta methode mais celle de c’est moi le chef …

    et oui un jour cela marche le lendemain non, il faut patience encore et encore …

    Aimé par 1 personne

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